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Vacance commerciale en centre ville : toujours plus

5 years, 7 months ago

 Les centres villes en France voient chaque année des magasins mettre la clé sous la porte. Loin de s’arrêter, ce phénomène se poursuit, voire s’aggrave dans certaines agglomérations, comme le note la dernière étude du Procos, Fédération pour l’urbanisme et le développement du commerce spécialisé, consacrée à la vacance commerciale en 2015. Précision : l’enquête porte uniquement  sur des locaux inoccupés pour un temps indéterminé et non sur la vacance financière ; à un moment donné, le commerçant s’est retrouvé dans l’impossibilité de payer ses loyers. François Feijoo, P-DG du groupe Eram, est depuis mars dernier le président de la fédération, et présentait pour la première l’étude Procos. « Notre feuille de route aura pour seule mission de trouver des solutions. Ce n’est plus le moment de s’éparpiller en veines querelles ; nous devons échanger avec tous les acteurs du commerce même avec les bailleurs. » D’autant qu’il y a urgence. La vacance commerciale a encore progressé en 2015 de 1%, à 9,5% contre 8,5% en 2014.

« Depuis quatre ans, ce phénomène gagne environ un point chaque année », précise Pascal Madry, directeur de Procos (à gauche sur la photo en compagnie de Michel Pazoumian, délégué général). Pour arriver à ce chiffre, la fédération étudie les évolutions des centres villes des deux cents plus importantes localités de l’Hexagone hormis Paris et celle de l’Ile-de-France. « C’est un choix volontaire car la configuration commerciale dans la capitale et de la région parisienne est atypique par rapport au reste du pays », précise de la directeur de Procos. L’année dernière la moitié des deux cents cités ont enregistré une vacance commerciale supérieure à 10%. « Le seuil d’alerte se situe à 7,5%. Ce n’est donc plus conjoncturel mais structurel », renchérit cette fois Michel Pazoumian, délégué général de la fédération. A titre de comparaison, seulement 23 centres villes enregistraient un pourcentage supérieur à 10%. Qui plus est, il n’existe pas de logique territoriale. Les villes concernées sont répartie un peu partout en France. Naturellement, il existe de fortes disparités.  Ainsi, les petites et moyennes cités ont vu leur situation plus fortement se dégrader en 2015 par rapport  à 2014. La vacance a progressé de 1,8% l’année dernière, à 11,1% contre 9,3% un an auparavant dans le cœur des agglomérations de moins de 50 000 habitants. L’érosion a été plus contenue dans celles allant jusqu’à 100 000 habitants. Les fermetures ont augmenté de 1%, à 11,3% contre 10,3% précédemment. Entre 100 000 et 250 000 individus, la vacance a progressé, passant de 8,7% à 9,2% l’année dernière.

Et de 6,9% en 2014 à 7,5% en 2015 pour les agglomérations comptant entre 250 000 et 500 000 personnes. Au-delà, la vacance commerciale des centres villes est restée stable d’une année sur l’autre, à 6%. 

Depuis 2001 et jusqu’en 2015, Quatorze villes ont connue depuis 2001 et jusqu’en 2015 un taux de vacance inférieur à 5% : Bayeux, Beaune, Biarritz, Cahors, Compiègne, La Rochelle, Laval, Lyon, Nantes, Périgueux, Rouen, Saint-Malo, Strasbourg et Toulouse. « Mais, tient à prévenir Michel Pazoumian lors de l’énumération de cette liste,  cinq ou six d’entre-elles sortiront l’année prochaine de ce classement de tête car des centres commerciaux de périphérie accompagnés de grandes surfaces alimentaires émergeront. » D’ici là, ces villes distinguées  possèdent  chacune, en plus de leur population, un nombre substantiel de résidence secondaires et une attractivité  touristique, comme Saint-Malo ou Bayeux. Cela dit,  la cité arrivant en tête avec le taux le moins élevé depuis 15 ans est Biarritz.

Procos carte 2016« Mais cela ne devrait pas durer car un entrepôt Ikea s’implantera bientôt à la périphérie », prévient le délégué général de la fédération. Et d’ajouter, aussitôt : « Cela dit, un taux de vacance commerciale élevé, ne signifie pas que le centre-ville soit touché. Parfois, il s’agit des rues secondaires voire des centres commerciaux en bordure des villes qui voient se multiplier les locaux inoccupés. C’est le cas de Nevers où le taux dépasse les 20% mais le centre se porte plutôt bien.  Parfois, c’est l’ensemble de la ville qui est touché comme à Perpignan ou Vichy où l’offre en périphérie est tellement grande que le centre n’arrive pas à sortir la tête de l’eau. » D’autres cités possèdent des atouts, notamment grâce à leur emplacement dans une zone touristique, pourtant elles connaissant des pourcentages élevés de magasins inoccupés dans leur centre ville respectif, Béziers, Saint-Nazaire et Dax avec plus de 20% de vacance. « Si les grandes métropoles sont à l‘abri de fermetures de magasins en nombre, nous avons constaté un rétrécissement des linaires disponibles dans les cités juste en dessous en terme d’habitants, comme Metz et Nancy, du fait d’un élargissement de la zone urbaine de périphérie », remarque Pascal Madry, directeur de Procos.