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Tribune Libre : Bruno Peyroles, président fondateur de Bureau Vallée

7 months ago

SOFEA est morte. Alors, quoi ?

Cette association européenne (Sustainable Office European Association) est née d’un projet de l’UFIPA de porter un système national de notation des produits de notre métier. Le conseil de l’UFIPA décide de lui donner une portée européenne. Bureau Vallée ayant une pratique opérationnelle de longue date de la notation environnementale prend, avec Marcel Ringeard, la conduite des opérations. Les moyens sont donnés et l’envie de réussir ouvre des portes inattendues en Europe.

Las ! Certains industriels pensent que la primauté doit rester à l’industrie. C’est le XXe siècle qui parle. Les distributeurs sont écartés lors d’une révolution de palais. A cet instant, je comprends que ce projet est mort-né. Je me retire. L’étonnante lenteur de l’action et les soubresauts de notre métier tueront le projet. La mort fut annoncée durant cet été 2019.

Bureau Vallée continue de développer un système de notation lancé depuis 10 ans et refondu récemment. Il est construit avec l’industrie depuis 2007, mis en oeuvre par un organisme externe spécialisé. Il s’étend progressivement à nos implantations à l’étranger. Adaptable, nous le mettons à disposition de tout distributeur. Il ne demande qu’à s’étendre.

 

Les humains décideront-ils de survivre au XXIe siècle ?

bureau vallée

Inutile de décrire la situation de la planète. Enfin, le déni de catastrophe se porte mal.   L’Homme, Predator Maximus, domine le monde terrestre, il l’a asservi, l’utilise et le tue.

Que devons-nous faire ? Balayons en quelques lignes des réponses trop courtes bien   qu’issues d’une longue réflexion.

-Compter sur la chance ou une entité céleste ? Inadapté. Compter sur le bon sens ?   Sur la longue distance, nous le pourrions. Mais avons-nous encore le luxe du temps l   long ? Plus maintenant. Et ce serait ignorer notre moteur principal: notre instinct animal   dont le mode de vie naturel compte sur la Terre-mère pour reconstituer les ressources   locales qu’il épuise. Il migre un peu plus loin et recommence. Aujourd’hui, ce n’est plus   autour du campement primitif que nous épuisons les ressources, c’est la planète   entière et son eco-système. Or on ne lutte pas durablement contre son instinct.

-Alors quoi ? Partir vers une autre planète qu’il faudra terraformer ? Qui partira ? Et   tous les autres ? Cette hypothèse ne résout rien sauf pour quelques uns.

-Que faire ? Regardons les problèmes en face avec lucidité et attaquons-nous aux   causes. Quelles sont les causes? Les hommes sont et seront plus nombreux et vivent   en moyenne plus longtemps. Chacun revendique légitimement une qualité de vie   meilleure, beaucoup fuient un habitat naturel dénaturé. La première cause entraîne le premier objectif : la population doit diminuer. Les consommations doivent s’équilibrer et devenir circulaires à 100 %. Il faut déconsommer, revenir à la frugalité de nos aïeux lorsqu’ils sont devenus sédentaires. Le libéralisme a brillamment réussi. Trop même ! Les actionnaires aveugles et la financiarisation tuent la planète. Les entreprises à dimension humaines ont un rôle politique majeur à jouer*. Lorsqu’elles sont indépendantes elles ont la liberté d’action pour agir et aider à changer le cours des choses.

-Ces principes simples à énoncer impliquent des transformations lourdes. L’homme doit assumer le rôle de dieu : agir sui lui-même pour se rendre sage. Le temps des palabres démocratiques sera remis en cause. Nous devons prendre des mesures impopulaires, antilibérales, autoritaires bien que salutaires. Nous sommes en temps de guerre pour la survie de notre futur.

-Quelle époque ! Au début ces questions sont terrorisantes. Puis, on s’accoutume à caresser les projections catastrophiques et on les apprivoise. Alors vient le temps de la synthèse, des grandes décisions et de l’action déterminée.

Notre enseigne se prépare activement à ces défis. Souhaitons que le temps béni des palabres revienne vite.

Cette époque est passionnante, j’ai décidé de vivre jusqu’à 150 ans ! Rendez-vous au XXIIe siècle…s’il existe…

Bruno Peyroles

*« L’entreprise du XXIème siècle sera politique ou ne sera pas. » Pascal Demurger (DG de la MAIF), préface de Nicola Hulot, 2019.