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Reportage Toulouse - Trois Traits sous un même toit !

1 month, 3 weeks ago

 

(en photo) Le responsable du point de vente principal rue des Tourneurs, François Pousson, en compagnie d’Adeline Benmohammed.

Au pays de l’Ovalie, il y a naturellement le Stade toulousain mais aussi Trait. Une enseigne composée de trois piliers. Autrement dit, trois magasins pour trois offres différentes afin de mieux se différencier de la concurrence. Découverte.

 

C’est une longue histoire que celle de l’enseigne Trait, laquelle, contre vents et marées, poursuit son chemin aujourd’hui du côté de la Ville Rose. Tout débute à Paris, plus précisément en 1995. Deux ans plus tard, en 1997, l’enseigne part à la conquête de la métropole et ouvre un point de vente à Toulouse pour des raisons de climat et de douceur de vivre, sans aucun doute… Nouvelles croissances quelques années plus tard avec l’inauguration d’une unité à Montpellier et d'une autre à Bordeaux, ces deux points franchisés ayant depuis quitté le groupe. La raison ? Le responsable du point de vente principal, François Pousson, 20 ans de maison, explique qu’il était difficile alors d’avoir une unité entre ces différentes structures, le mot de dérive ayant été employé. Dérive ? Oui, dans le sens intellectuel où un certain esprit maison existe et doit perdurer, résultat de nombreuses années de travail en commun. Par la suite, Trait poursuit son essor en inaugurant deux autres points de vente toujours dans la capitale de la région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, Toulouse, très proches géographiquement du point de vente d’origine. Entre temps, le magasin de Paris avait fermé ses portes. Autrement dit, l’enseigne Trait est devenue au fil des ans totalement toulousaine…

A chacun son jeu

Trois boutiques, trois lieux différents sous un même drapeau. Tout d’abord, le magasin étendard est installé rue des Tourneurs ; on y retrouve toute la papeterie au sens large du terme. De beaux articles, de beaux stylos, des cadeaux, du papier à lettre… mais pas de fournitures scolaires stricto sensu et encore moins de bureautique. Grand de 100 m2 de surface de vente, François Pousson gère ce point de vente comme nous l’évoquions plus haut. Il est accompagné par deux vendeurs, dont Adeline Benmohammed. Ensuite, le deuxième magasin en terme de taille (90 m2) est situé à quelques encablures du premier, rue Saint-Pantaléon. Deux personnes y travaillent. L’offre concerne principalement l’univers de la décoration, des produits destinés à la maison mais également aux bureaux à travers des gammes d’articles spécifiques comme du petit mobilier, des masques, des luminaires…

Enfin, le troisième est situé rue Paul Vidal. Là, l’enseigne Trait propose du mobilier au design original plutôt pour le grand public. Ce type de mobilier trouve toute sa place dans une papeterie qui souhaite se distinguer et se démarquer. Deux personnes ont en charge d’animer cette unité grande de 80 m2 de surface de vente. Le chiffre d’affaires global de ces trois points de vente est de 1,3 million d’euros. A la tête de cet ensemble, Rémi Gilbert et Umberto Di Prisco absents lors du reportage car ils visitaient le salon Maison & Objet. « Les visites aux salons parisiens sont indispensables ! souligne, à juste titre, François Pousson. Du reste, l’ensemble de nos achats s’effectue toujours en direct, Trait n’étant affilié à aucun groupement d’achat. » Et d’ajouter aussitôt avec conviction « Nous sommes totalement indépendants ; nous y tenons ! »

A tel point que le personnel réalise lui-même les achats, sans passer par les responsables. Les contacts ont lieu au cours de salons, de présentations de catalogues et de visites de fournisseurs sur place, ce qui renforce un peu plus la philosophie de cette enseigne qui pourrait se résumer ainsi : liberté de choisir les produits à référencer, liberté de se différencier. 

Le fait maison

Les trois boutiques sont très bien situées dans le centre-ville de la Ville Rose. En semaine, la clientèle est principalement locale, mais une fois la fin de semaine arrivée les touristes, fort nombreux, et les habitants de la région investissent les trois points de vente. Encore que… Depuis novembre 2018 et les gilets jaunes, bon nombre de commerces de proximité ont connu bien des déboires ; Trait n’échappe pas à la règle, Toulouse ayant été une des grandes métropoles les plus touchées. « Sans aucun doute, nous avons souffert et nous avons bien sûr perdu de la clientèle extérieure, qui n’est plus venue en ville le week-end, reconnaît François Pousson, mais peu finalement par rapport à beaucoup d’autres commerces. Je crois que notre spécificité, à savoir de bons emplacements, une offre très différente de la concurrence, nous a au global plutôt épargnés. »

L’activité commerciale est relayée, comme il se doit de nos jours, par un site marchand www.trait.fr, lequel est très utile à la notoriété de l’enseigne et fonctionne parfaitement. Il n’en demeure pas moins une interrogation : Quelle solution applique les trois magasins en matière de logistique pour expédier les commandes ? « Nous réalisons tout nous-mêmes, poursuit François Pousson. Nous ne faisons pas appel à la sous-traitance, pour quoi que ce soit, ni pour la gestion des stocks, ni pour la comptabilité ; tout est fait maison ! »  Le panier moyen est d’environ 20 euros, sauf, bien sûr, pour le mobilier.

Un pack soudé

Trait offre également à sa clientèle une petite activité de création et d’impression de cartes postales, de faire-part, de carnets, etc. Celle-ci représente tout de même 10 % du chiffre d’affaires global. Une des clefs du dynamisme de l’enseigne réside dans la polyvalence de ses équipes. « Même en vacances, explique Adeline, nous sommes aux aguets pour ce qui pourrait être exploité ou qui pourrait être intéressant pour l’entreprise et ses trois magasins. Et notre offre est de plus en plus actualisée grâce aussi aux nombreuses visites que nous effectuons dans les salons. » 

Sans surprise, car bénéficiant d’une notoriété établie, l’enseigne ne réalise pas de communication. « Nous sommes des adeptes du bouche à oreilles 2.0 ! Pas de budget, ni de plan, mais, par exemple, des présences dans les guides touristiques toulousains. Nous n’appliquons pas les codes de la grande distribution, affirme le responsable du magasin de la rue des Tourneurs. Comme je l’évoquais tout à l’heure, nous avons un état d’esprit indépendant et nous voulons rester spécifiques ! Nous avons une relation de confiance avec nos clients, qui sont sensibles à l’atmosphère de nos points de vente. » Quant aux projets, toutes les entreprises en ont a priori, François Pousson parle en son nom propre. « Je vous livre une réflexion sans projet. D’abord grossir ? Le faut-il ? Nous avons une croissance faible, qui correspond à la taille humaine de nos magasins. Nous avons un état d’esprit basé sur les rapports humains et la proximité géographique des magasins qui fait que l’on se voit tous les jours, et nous sommes tous passionnés. Je pense qu’un effort pourrait être fait cela dit pour développer la partie mobilier. Pour le reste, en plus des apports réguliers de nouveautés, ce n’est pas dans notre esprit de renouveler trop vite les gammes de produits. » Trait est bien une enseigne spécifique ! Un exemple de la cohésion de cette équipe : les vitrines. C’est en général une corvée, mais pas ici.  Tout le monde participe à trouver le thème, à créer la vitrine elle-même en collationnant les produits à y mettre. En somme, au pays du rugby, Trait a, comme il se doit, une puissante mêlée…

Edmond Martin

Repères… Trait en quelques traits

Trois points de vente à Toulouse :

60, rue des Tourneurs, magasin principal (100 m2), 3, rue Saint-Pantaléon (90 m2) et 4, rue Paul-Vidal (80 m2)

CA global : 1,3M€

Gérants : Rémi Gilbert et Umberto Di Prisco

Site : www.trait.fr

Tél : 05 61 23 11 17