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Loisirs créatifs- Beaux-arts - Boesner : L’enseigne fête ses 20 ans en France…

1 month, 2 weeks ago

Voilà 20 ans,  le groupe Boesner ouvrait son premier magasin en France, plus précisément à Bordeaux. A sa tête depuis le début, un allemand Stephan Kinseher. Rencontre avec un amoureux des beaux-arts, des loisirs créatifs et de notre pays… 

Boesner

Stephan Kinseher est allemand, francophile et francophone, gérant associé du magasin Boesner de Bordeaux. Petit retour en arrière.  En 2001, Il ouvrait le premier point de vente de l’enseigne, un espace de 3 000 m2 dans le quartier des Chartrons, autrement dit au cœur de la capitale girondine.  Vingt ans après… le succès est au rendez-vous. Les chiffres le prouvent. Lors de l’ouverture, Stephan Kinseher  était alors à la tête d’une équipe de sept personnes pour un chiffre d’affaires de un million d’euros.  Aujourd’hui, le magasin emploie trente personnes pour un chiffre d’affaires de plus de 4 millions d’euros.. 

Née en 1982

Mais qu’est-ce que Boesner ? Il s’agit d’une marque allemande qui a vu le jour en 1982. C’est, ni plus, ni moins, une des plus grandes sociétés de distribution en Europe dédiée aux beaux-arts et aux loisirs créatifs. Pour donner un ordre d’idée, le groupe possède,  outre Bordeaux,  des points de vente à Paris, Champigny-sur-Marne (Val-de-Marne) et Lyon. En Europe, l’entreprise aligne 41 magasins Boesner en Europe en plus de la France. A savoir en Allemagne, en Suisse, en Autriche, en Suède et au Danemark. 

« Notre magasin de Bordeaux, avec ses 3 000 m², occupe finalement une surface moyenne dans le groupe par rapport aux autres points de vente !  », souligne Stephan Kinseher. Et d’évoquer ensuite les évolutions des différentes catégories de produits au cours de ces vingt dernières années : « En ce qui concerne les beaux-arts, il existe une constance et, au final, peu de surprises. Une grande partie de notre clientèle est constituée de professionnels, qui savent ce qu’ils veulent. A savoir les écoles, de nombreux artistes bien sûr, mais aussi des galeries, des abbayes organisant des stages d’icônes et de sculpture, par exemple.  Notre offre est très importante.  Nous avons 45 000 articles en stock et en vente, beaux-arts et loisirs créatifs. Le magasin attire aussi une bonne clientèle d’artisans d’art, qui sont très présents dans notre région. Regardez notre offre de châssis entoilés, quel peintre n’y trouverait pas son bonheur ? Où trouver un format 30 x 180 cm disponible ? Uniquement chez nous ! »

Une offre pas comme les autres 

L’objectif de l’enseigne est que l’offre soit une source d’inspirations pour les visiteurs. A  noter que la durée moyenne d’une visite est de 2 heures, la zone de chalandise s’étendant de Toulouse à Biarritz, et se déploie jusqu’à La Rochelle...  « Nos clients sont mixtes, professionnels et grand public. L’exemple de la pâte Fimo prouve qu’elle peut être utilisée autant par les artisans d’art que par les amateurs, poursuit Stephan Kinseher. Notre force est de commercialiser des produits que l’on ne trouve nulle part ailleurs. Pour des argiles autodurcissantes, il faut venir ici pour s’approvisionner ! Nous avons aussi une action de conseil, avec des vendeurs-spécialistes. Il y a toujours quelqu’un qui connaît la technique demandée. Beaucoup d’entre eux sont des pratiquants, moi-même, très modestement, je peins… Nous organisons des présentations de produits avec les fournisseurs, des expos et des stages d’initiation.»

Lors des vacances scolaires, notamment, le magasin accueille des touristes dont des Bretons qui tous les ans ouvrent la porte, comme comme en pèlerinage. « D’une manière générale, nos clients nous le disent : faire des courses dans une grande surface est une corvée, ici, avec tous ces produits de loisirs, c’est un régal ! Nous sommes en même temps une galerie de loisirs et de produits de décoration, nous sommes situés au coeur de ville, et notre galerie, couverte, propose un parking gratuit ! »

Du côté des loisirs créatifs

Autant l’offre beaux-arts est stable pour Stephan Kinseher, autant celle des loisirs créatifs est changeante, mouvante. Tout est une question de mode et tout se mélange. Et le directeur du magasin de donner deux exemples, le premier s’appelant le pouring. De quoi s’agit-il ? C’est  un art abstrait consistant à créer des coulées de peinture de façon aléatoire, ou des textures avec des effets d’accumulation de cellules ou d’écailles colorées, sans utiliser de pinceau. L’évolution porte sur des produits (résine) ou, second exemple, sur des techniques comme le modeling. « Le modeling Paste est très facile d’utilisation, il suffit de l’appliquer sur la toile pour créer du relief, le séchage est rapide, en quelques heures. Cela permet de créer des reliefs, il ne jaunit pas et résiste à l’eau.  La mode, c’est ce qui se démode, et nous assistons là un retour aux années 1960 ! Tout cela est amplifié par les réseaux sociaux et la lecture des journaux, féminins en général : il n’est pas rare de voir une cliente venir avec une page de magazine disant : je souhaite réaliser cela ! Mais nous voulons rester dans le domaine artistique, ce qui élimine de notre offre les perles et le fil...  »

Le magasin mais pas seulement 

Avec l’évolution des modes de consommation,  un simple magasin même en libre-service ne suffit plus ; le distributeur se doit de s'adresser à sa clientèle jusqu’à là fidèle via de multiples canaux sous peine de la voir peu à peu celle-ci être attirée par d’autres enseignes ou de pure players, comme ce célèbre site marchand dont la première lettre est un A.  Même pour vendre des produits qui demandent des conseils d’utilisation, le libre-service ne suffit plus. « Nous n’avons plus de catalogue depuis trois ans. Il était de moins en moins utilisé par le client, car tout est sur le site, remarque Stephan Kinseher. Il représentait un coût important, demandait beaucoup de travail; il n’était plus dans l’esprit du temps, écologie oblige. Économie et écologie, on retrouve là le duo infernal actuel ! Nous avons depuis  2 à 3 ans pris le relais de la présentation catalogue et accentué notre effort sur notre site Internet, qui fonctionne bien et a tendance à devenir important. Le Drive a été remis à l’ordre du jour, avec la pandémie, il est bien utilisé aussi. » Et notre francophile de conclure : « Quant à connaître mes objectifs,  j’avais alors répondu à PNP voilà cinq ans  : continuer notre croissance ! Les chiffres prouvent que nous avons réussi ! Nous voulons continuer dans le même droit-fil. Nous possédons un outil formidable pour cela, du personnel de grande qualité, stable, et une offre stabilisée par la puissance d’un grand groupe. Nous sommes une grande marque, ce qui nous oblige à être irréprochables, pour justifier notre promesse commerciale. A nous de jouer ! Profitons de cet anniversaire, on a pas tous les jours vingt ans !, et continuons nos efforts !  » Rendez-vous, alors, dans cinq ans… 

Edmond Martin