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La révolution Paper Lab

4 years, 10 months ago

Simple effet d’annonce ou véritable révolution ? Avec Paper Lab, ou laboratoire du papier, le groupe Epson propose ni plus ni moins aux entreprises que de fabriquer elle-même leur propre papier bureautique.

 

Serait-ce la fin du marché de la ramette telle que nous l’entendons aujourd’hui avec, en amont, un industriel et, en aval, un distributeur, charge à lui de la commercialiser auprès de sa clientèle ? Nul ne peut présager de l’avenir. La machine Paper Lab a été présentée en avant première en Europe lors du dernier salon Cebit de Hanovre. Après différents bancs d’essais en 2015, elle est commercialisée depuis 2016 au Japon. Sa vente est prévue sur notre continent en 2018. Comment fonctionne-t-elle ? Même si Epson demeure discret quant à ses principales caractéristiques techniques, Paper Lab a la taille d’une grosse armoire de rangement. Elle est présentée comme étant le premier système compact de fabrication de papier pour bureau par procédé à sec.

Cela dit, une petite quantité d’eau est tout de même nécessaire pour maintenir un certain niveau d’humidité pour qu’elle puisse fonctionner.  Paper Lab peut ainsi fabriquer à partir de feuilles A4 et A3 « finement déchiqueté » du papier recyclé et produire ainsi plusieurs « milliers de feuilles par jour », indique le groupe dans un communiqué. Pour Epson, Paper Lab serait ainsi la solution idéale pour les entreprises qui désirent détruire en toute sécurité leurs documents confidentiels et recycler leur papier de manière durable en réduisant les dépenses énergétiques et en respectant l'environnement…

Paper Lab suite Epson

Certes,  mais les informations fournies aujourd’hui laissent en suspension plusieurs interrogations quant à son mode de fonctionnement véritable. En fait, fin 2015, Epson avait déjà dévoilé un prototype en expliquant le processus de fabrication, lequel n’a guère varié depuis. La transformation s’effectue en trois étapes après l’introduction de la feuille. Tout d’abord, elle est réduite en fibres, puis des liants (des  substances chimiques) augmentent la résistance et la blancheur du papier. Enfin, ces fibres seront pressées pour former au final une nouvelle feuille au format A4 ou A3.  A l’époque elle était donnée avec une capacité de 14 feuilles à la minute, autrement dit une ramette toutes les grosses demi-heures…

Minoru Usui, président du groupe Epson, participait au salon Cebit pour présenter, notamment, cette nouvelle machine. Lors de sa conférence sur l'avenir des technologies pour le bureau, il a expliqué les améliorations que les innovations d'Epson vont apporter au travail et à la qualité de vie de chacun.

« Je suis extrêmement fier de pouvoir présenter Paper Lab, le premier système au monde de recyclage de papier pour bureau par procédé à sec. Cet outil peut fabriquer du papier recyclé blanc à partir de papier finement déchiqueté et peut produire plusieurs milliers de feuilles par jour. Lancé au Japon l'année dernière, nous souhaitons commercialiser Paper Lab en Europe d'ici à l'automne 2018. Notre objectif est de créer un nouvel écosystème pour l’impression professionnelle où les clients pourront profiter d'imprimantes jet d'encre à haut débit utilisant du papier recyclé par Paper Lab. Notre outil est idéal pour les entreprises qui désirent détruire en toute sécurité leurs documents confidentiels et recycler leur papier dans un processus respectueux de l'environnement. J'imagine pour l'avenir un monde dans lequel on pourra imprimer et recycler autant de papier que l'on voudra. J'espère qu'un jour nous pourrons décliner Paper Lab dans toutes les tailles pour qu'il soit utilisé dans les usines, les bureaux et même dans les maisons. »

Les entreprises pourront l’utiliser pour produire du papier recyclé blanc ou de couleur, de différentes tailles, et plus ou moins épais, que ce soit pour un usage bureautique ou pour l’impression de cartes de visite, selon Epson. La création de Paper Lab s’inscrit dans le plan du groupe baptisé Vision environnementale 2050, dont l’objectif est de réduire  90% des émissions de CO2 sur le cycle de vie de tous les produits et services du groupe d'ici au milieu du XXIe siècle. Quoi qu’il en soit,  la multinationale n’aborde pas  la question de la consommation électrique ni celle des déchets produits et de leurs traitements, ni du recyclage ou non de ces nouvelles feuilles, et encore moins du coût d’un tel appareil. Mais un fait est certain : les avancées technologiques d’aujourd’hui et de demain résoudront les derniers obstacles, et, à moyen terme, il sera alors possible de fabriquer soi-même « facilement » son papier.