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Hausse des matières premières, du transport… L’AIPB tire à son tour le signal d’alarme : alerte rouge  ! 

3 weeks, 6 days ago

À peine les négociations commerciales achevées, tout est remis en cause. La raison  : les augmentations importantes des matières premières et du coût des transports. Tous les secteurs sont impactés dont celui de la papeterie et de la fourniture de bureau. Explications.  

AIPB

 

Les chiffres* parlent  d'eux-mêmes. En un an, les prix du papier d’emballage ont progressé de 14 %, ceux de l'aluminium de 19,20 % depuis septembre 2020, ceux du plastique ABS de 60 %  ces douze derniers mois… Et l’on pourrait multiplier les exemples.  Comme cette augmentation (du jamais vu) de 200 % (!) des vieux papiers en quelque six mois. Tous les secteurs industriels sont concernés et la papeterie,  au sens large, n'échappe pas à cette inflation spectaculaire. Comment expliquer ces hausses ? 

Les raisons du grand chamboulement       

Plusieurs raisons peuvent être avancées, mais toutes ont pour origine la crise de la Covid-19. Au-delà des drames humains, celle-ci a non seulement bouleversé nos habitudes, notamment dans le travail,  mais également mis à plat l’économie mondialisée. Quand la Chine se recroquevillait à la fin 2019,  l’Europe et les États-Unis demeuraient ouverts,  pour ne parler que de ces deux zones géographiques. Faute d'approvisionnements en provenance de l’Empire du milieu, les industries durent s’adapter et rechercher de nouvelles sources de matières premières pour assurer leur production. Puis, ces deux continents se confinèrent à leur tour alors que dans le même temps l’Asie rouvrait…  Et, aujourd'hui, l’usine du monde que représente la Chine connaît un fort regain d'activité « asséchant » le marché d’où les hausses des matériaux nécessaires à la fabrication des produits mais aussi celui du transport. Ajoutez à cela la fermeture du Canal de Suez durant une dizaine de jours… et nous voilà devant une économie mondiale chancelante… pour un « simple » virus.  

Lettre ouverte aux distributeurs

 

Au début avril, les fabricants adhérents de l’AFCALE (Association des fabricants de couleurs pour l’art, le loisir et l’enseignement) tiraient le signal d’alarme et soulignaient dans un communiqué que « des pénuries importantes de ces matières premières, caractérisées par l’activation de clauses de forces majeures par nos fournisseurs et des retards de livraison mettent la disponibilité de nos produits finis sous forte pression ». Et aujourd’hui c’est au tour de l’AIPB (Association des Industriels de la Papeterie et du Bureau), présidée par Stéphanie Verrier, de monter au créneau et de tirer à son tour le signal d'alarme. Lundi 12 avril a été envoyé à destination de tous les distributeurs, tous circuits confondus un courrier intitulé « Lettre ouverte aux distributeurs » expliquant le pourquoi et le comment de ces différentes augmentations des matières premières et des conséquences pour les industriels et la filière jusqu’au client final. 

Faire prendre conscience

« C’est le rôle d’une association comme l’AIPB que de mettre en lumière les difficultés que rencontrent ses adhérents. Il n’est pas question pour nous de nous immiscer dans les négociations commerciales mais simplement de faire prendre conscience aux distributeurs des difficultés de nos adhérents qui se retrouvent actuellement face à une situation que je qualifierais à la fois de catastrophique et d’exceptionnelle. Cette lettre ouverte des industriels aux distributeurs a pour vocation d’informer de manière pragmatique et en toute transparence de la situation qu’ils affrontent.  Mais, elle peut aussi être perçue comme un outil de travail, un mémo, pouvant aussi être utilisé par les distributeurs », précise  d’emblée Stéphanie Verrier. Et d’ajouter,  aussitôt : « La profession dans son ensemble doit se mobiliser, avoir des échanges constructifs, de la compréhension mutuelle…D’une part, les marges de nos adhérents fondent et ils devront répercuter ces hausses des matières premières et de coûts afin d’éviter la vente à perte. D’autre part, les distributeurs sont également concernés car ils ont aussi une qualité de service à maintenir.  C’est pourquoi, nous pouvons penser que notre lettre ouverte pourra également servir aux distributeurs à expliquer la situation actuelle face à leurs clientèles. Toute la chaîne est impactée. » 

Autrement dit,  l'objectif poursuivi par l’AIPB est d'informer,  d'alerter et de solliciter l’attention particulière des distributeurs.  « Le problème ne vient pas des industriels mais d’ un dérèglement de l'économie mondiale dont ils subissent les effet, poursuit la présidente de l'association. La rareté des ressources, la fermeture de certaines usines pour raisons de Covid ou autres,  les difficultés liées au fret maritime et au transport en général, perturbent toute la chaîne et peuvent amener des retards de livraison et de là des ruptures de stocks chez le distributeurs. La préservation de niveaux de marges des industriels leur permet d’investir en Recherche et Développement et ainsi, d'alimenter le marché avec des innovations produits, qui, nous le savons tirent le marché vers le haut. C’est la pérennité des entreprises et la conservation d’un tissu industriel local et régional souvent familial qui est en jeu.»

Quoi qu’il en soit,  cette situation ne devrait pas s'améliorer dans les prochains mois. L’heure est à la solidarité, quoi qu’il en coûte… 

F. L.    

*Sources : AIPB