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Fournitures - Enquête  Ispos-Perial SM - Le bureau privilégié face au télétravail !

2 weeks, 1 day ago

Pour beaucoup, la crise liée à la Covid-19 a enclenché une révolution qui va bouleverser l’organisation du travail. Mais à ce jour, qu’en est-il vraiment dans la réalité des faits et qu'en pensent les salariés du télétravail ?  

(photo Laura Davidson)

Juste après le déconfinement en mai dernier, beaucoup avaient fait le pari d’une révolution du travail et prévoyaient des changements radicaux avec une explosion du recours au télétravail et une forte baisse du travail sur site. Les deux enquêtes réalisées par Perial Asset Management et Ipsos montrent autre chose. 

Leurs principaux enseignements pointent une forte tendance au retour sur site en période de déconfinement. Ainsi, avant le premier confinement, seulement 18 % des salariés travaillant en bureau faisaient du télétravail, en moyenne 0,4 jours par semaine (contre 82 % qui n’en faisaient jamais). Tout a bien sûr changé pendant le confinement : 65 % des salariés en bureau sont passés en télétravail, durant presque 3 jours par semaine en moyenne. A l’époque, moins d’un salarié sur deux était en télétravail toute la semaine (47 %). Le mois de juin a permis l’observation d’un mouvement de reflux puisque la majorité des salariés évoluant en bureau déclaraient ne plus du tout faire de télétravail (55 %). A l’opposé, 45 % continuaient à en faire mais le nombre de jours moyens travaillés à la maison avait chuté de moitié (1,5 jours contre 3 jours pendant le confinement). En octobre, cette tendance s’était encore accentuée puisque près de 6 salariés sur 10 déclaraient ne plus être en télétravail et que le nombre moyen de jours télétravaillés était passé à un jour. 

De nouveau à l’ordre du jour 

(photo Chris Montgomery)

Si le recours au télétravail restait bien plus élevé en octobre qu’avant la Covid-19, il était globalement faible et ne concernait plus qu’une minorité de salariés : 95 % des employés déclaraient ainsi être retournés sur leur site de travail après le déconfinement. Bien entendu, avec ce deuxième confinement, le recours au télétravail est de nouveau à l’ordre du jour mais la deuxième enquête Ispos-Perial SM montre qu’il est probable qu’ensuite la grande majorité des salariés retournera à nouveau sur site. La plupart des interviewés continue de penser que le télétravail va se développer en complémentarité avec le travail sur site (60 %) et seulement 14 % estiment qu’il va se généraliser. Idéalement, s’ils le pouvaient, les salariés resteraient 2 jours à la maison pour travailler. Rares sont ceux qui voudraient télétravailler 4 ou 5 jours par semaine (15 %). 

Une attente forte en termes de rénovation des locaux 

Quels sont donc les freins au télétravail ? Les employés en bureau continuent de préférer aller au bureau pour de nombreuses tâches : mener à bien un projet d’équipe (82 %), régler un problème professionnel urgent (79 %) ou encore demander des informations ou de l’aide à des collègues (77 %). Des chiffres sans doute en partie liés au fait que tous les salariés ne sont égaux en termes de logement et d’équipement à la maison. La très grande majorité des salariés, télétravaillent dans leur résidence principale (70 %), et pour beaucoup, la surface du logement ou la répartition des pièces sont des freins importants. Les personnes qui ont des enfants estiment aussi très majoritairement qu’il est compliqué de télétravailler lorsque les enfants sont présents (59 %). Ce nouveau confinement autorisant l’ouverture des établissements scolaires, ce facteur changera peut-être la donne. Enfin, 40 % des interviewés ne disposent pas d’un ordinateur portable… nul doute, que ce handicap en termes d’équipement freine pour certains le recours au télétravail. 

Plus de convivialité 

(photo Kaleidico)

Les salariés travaillant en bureau estiment important, voire indispensable que des travaux et des aménagements soient réalisées là où ils travaillent : sur les parties communes (57 %), les espaces d’échange (54 %), l’équipement de travail (53 %) et dans une moindre mesure leur poste de travail (51 %). Leur principale priorité grâce à ces aménagements est de permettre un meilleur respect des règles sanitaires (58 %) mais aussi plus de convivialité (57 %). Dans ce contexte de très forte morosité, le pari est compliqué pour les entreprises : assurer le respect des règles de distanciation sociale tout en renforçant le lien et les échanges entre les salariés.  Il semble donc que si le télétravail se généralise, pour une partie de la semaine, le bureau reste irremplaçable et au cœur de l’organisation du travail aujourd’hui… et demain. 

C. M. 

(photo Annie Spratt)