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Economie circulaire -  Back Market : vers une offre B to B....

1 month, 3 weeks ago

Le modèle de Back Market, qui reconditionne des produits high tech pour leur donner une seconde vie, intéresse également de plus en plus les entreprises. Découverte. 

Fondée en 2014, le site Back Market se positionne aujourd'hui comme l'acteur principal du reconditionnement en France pour les produits high-tech destinés aux particuliers. Pourtant, depuis deux ans environ, la plateforme s’intéresse également aux entreprises mais pour capter ce marché, l’équation s’avère compliquée comme l’explique Marine Libaud, directrice communication: « C’est une offre que nous avons l’ambition de développer mais nous nous heurtons à différents difficultés et en particulier à un problème de supply chain. Concrètement, les besoins des entreprises sont différents de ceux des particuliers et bien spécifiques : des quantités parfois importantes à un instant T, des contraintes de modèles ou/et de marque… » 

Une demande d’entreprises de plus en plus forte 

Si le chiffre d’affaires réalisé par la plateforme sur ce créneau reste peu significatif, une équipe y a cependant été dédiée. « En effet, on note très clairement que la demande des entreprises est de plus en plus forte. Mais nos moyens de collecte sont actuellement limités et il faudrait des reconditionneurs plus nombreux. » 

Elle est certainement en partie liée à la pandémie qui a amené une accélération de la prise de conscience au plan écologique. Les dirigeants et les équipes, sensibilisés à ces questions au plan personnel ou ayant eu l’occasion de commander sur Back Market, en particulier pour compléter leur équipement dans l’urgence à la faveur du télétravail ou pour leurs enfants à la maison, ont mesuré la fiabilité, l’économie (en moyenne on arrive à des produits moins chers de 30 à 50 %) et réfléchi à l’aspect écologique. L’idée de faire la même chose dans leur entreprise fait son chemin. 

Démarche globale

« Actuellement, le gros des ventes se fait toujours sur les téléphones portables : 70 % environ contre plus de 85 % il y a 3 ou 4 ans. Notre stratégie de diversification porte ses fruits, notamment au profit des ordinateurs et des tablettes. Ce n’est pas aussi connu, mais nous proposons également beaucoup d’autres produits.» 

En effet, sur le site, à côté de l’informatique et de la téléphonie, on constate que la plateforme a ouvert beaucoup de nouvelles catégories comme matériel pour le télétravail, ménage et entretien, petit et gros électroménager, mobilité, bricolage, objets connectés, etc. « L’idée de Back Market est bien de s’ouvrir à une démarche plus globale afin de répondre, à terme, à tous les besoins en produits reconditionnées, même au-delà de la high tech : de l’imprimante à la machine à café, aussi bien pour l’entreprise que pour le consommateur particulier. » 

Passer à plus grande échelle permettrait de nourrir la vision d’une économie circulaire prônée Back Market et qui interpelle de plus en plus de consommateurs et de marques. « L’enjeu est fort et pour faire basculer les habitudes de consommation, il faut être en mesure de répondre à une demande plus variée et plus importante. » 

C’est sans doute dans cet esprit que Back Market vient d’annoncer un partenariat Carrefour et installe des bornes de reprise de smartphones dans les hypermarchés. En échange, les clients reçoivent des cartes cadeaux Carrefour. 250 bornes seront déployées d'ici 2022. Au total, cent millions de smartphones ou téléphones usagés resteraient dans nos maisons. Et, l’on sait que le secteur de la high tech est l'un des plus polluants : la production de déchets électroniques devrait atteindre 57,4 millions de tonnes en 2021 ! D’autres partenariats seront certainement annoncés au fil des mois. Pourquoi pas avec un acteur de la bureautique sur la base des retours clients de produits défectueux ou cassés. « Nous hébergeons déjà plusieurs boutiques officielles de marques qui proposent des articles qu’ils ont eux-mêmes reconditionnés pour leur donner une seconde vie. Bon pour le business, pour l’image de l’entreprise et pour la planète ! »

 

Repères :

1 500 reconditionneurs dont environ 630 en France 

16 pays

600 personnes 

4 bureaux : Paris, Bordeaux, Berlin, New-York

(en photo)  Borne de reprise de smartphones dans les hypermarchés Carrefour

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