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E-commerce - Bilan 2019 : 100 milliards sur le Net !

2 weeks, 1 day ago

Rien ne semble arrêter l’inexorable ascension des ventes en ligne en France comme le montre la nouvelle étude la Fédération française du e-commerce et de la vente à distance (Fevad) consacrée aux résultats de 2019. Pour autant,  le magasin physique est loin d’être détrôné. 

 

L’e-commerce ? Il va très bien, merci ! S’il est un secteur qui ne connaît pas la crise, c’est bien, effectivement, celui du commerce électronique, qui ne cesse de progresser année après année. Les chiffres de l’étude annuelle de la Fédération française du e-commerce et de la vente à distance (Fevad) le prouvent une nouvelle fois. Ainsi, le cap symbolique des 100 milliards d’euros de chiffre d’affaires a été franchi en 2019, plus précisément 103,4 milliards, ce qui représente une hausse globale de 11,6 % par rapport à l’année précédente. Dans le détail, la vente de produits en ligne a représenté 45 % de ce chiffre d’affaires,  les services le reste. Si la majorité des mois a été dans le vert,  la fédération a noté un fléchissement de l’activité au dernier trimestre ; rien d’étonnant : les mouvements sociaux ont perturbé l’économie, c’est le moins que l’on puisse dire, engendrant un climat de méfiance et d’attentisme auprès des ménages français. Ce qui, au passage, prouve que l’e-commerce n’est pas la solution de rechange par rapport au magasin physique quand un pays est perturbé. L’économie, c’est d’abord une histoire de confiance et quand celle-ci s’évapore, tous les canaux sont touchés.

L’absence d’un mouvement de transfert 

Du reste, la Fevad confirme cette analyse. La fédération a en effet constaté que la croissance des principaux sites leaders en France, comme ceux du groupe Fnac-Darty par exemple, n’a été que de 5,5 %  en 2019 en B to C, selon son Panel iCE 100 à périmètre constant. Dans le même temps, cet indice a en effet bien noté un ralentissement des achats auprès de ces sites majeurs au dernier trimestre, la progression n’étant alors que de 3,2 %, « ce qui montre l’absence d’un mouvement de transfert des ventes magasin vers internet », écrit-elle.

Quoi qu’il en soit, les données recueillies par la Fevad sont impressionnantes. Ainsi, plus d’1,7 milliard de transactions ont été comptabilisées l’année dernière, soit une progression de 15,7 %. Concomitamment, le panier moyen a une nouvelle fois baissé en 2019, passant sous le seuil des 60 euros, « ce qui constitue le niveau le plus bas jamais observé »,  ajoute la fédération. Du côté de l’offre en ligne, la France a compté l’année dernière quelque 190 000 sites marchands, chiffre en progression de 15 % par rapport à l’année précédente. Détail intéressant révélé par l’étude : la majorité de ces 190 000 sites ont réalisé moins de cent transactions par mois…

D’abord les magasins

ecommerce

Toutes ces hausses à deux chiffres ne doivent pas faire perdre de vue que l’e-commerce est encore très loin de supplanter un jour le commerce physique, si un tel jour devait arriver naturellement…  Comme le reconnaît la fédération, depuis 2010 les ventes de services et de produits ont certes été multipliées par dix en France.  Néanmoins, 90 % des achats s’effectuent toujours dans des points de vente physique. « Par ailleurs, on estime que plus de la moitié des ventes de produits sur internet sont réalisées par des sites d’enseignes magasin », renchérit la Fevad.

En ce qui concerne cette fois les ventes depuis un smartphone ou depuis une place de marché, les augmentations sont également à deux chiffres, selon d’autres indices de la Fevad. 

Plus précisément, les ventes de l’internet mobile (smartphones et tablettes, sites mobiles et applications hors téléchargements d’application et hors ventes sur les places de marchés) ont bondi de 18 % l’année dernière par rapport à la précédente. Ce canal mobile totalise désormais 39 % des ventes des sites marchands. Parallèlement, les ventes réalisées par les marchands hébergés sur les places de marché auditées par la Fevad ont augmenté de 14 % en 2019. Autre pourcentage à retenir : un tiers du chiffre d’affaires des places de marché est réalisé en moyenne par les vendeurs tiers, soit 33 % contre 30 % en 2018. Enfin, la Fevad se montre très confiante quant à la nouvelle année ; comment pourrait-il en être autrement ? Elle s’attend en effet en 2020 à un chiffre d’affaires global de l’ordre de 115 milliards d’euros pour quelque 2 milliards de transactions… rendez-vous en décembre prochain. 

F. L. 

E-commerce & vente en magasin physique : Une combinaison gagnante pour les TPME françaises

Les résultats 2019 :

57 % des TPME qui administrent un site e-commerce font également des ventes en magasin traditionnel ou via leurs réseaux de distribution

71 % de ces entreprises disposent d’une boutique en nom propre

89 % des commerçants déclarent que leurs activités e-commerce et en magasin sont complémentaires

45 % des commerçants sont implantés dans des communes de moins de 10 000 habitants dont 9,5 % dans les très petites communes de moins de 2 000 habitants

83,5 % des sites d’e-commerce sont rentables en 2020

Enquête Oxatis le Profil du e-commerçant 2020 (13° édition – Spécial TPME)

Cette enquête Oxatis nous apprend également « que 57% des petites et moyennes entreprises (6,2 salariés en moyenne) qui font de la vente en ligne utilisent également des canaux de vente « physique », et ce tout particulièrement en privilégiant des magasins en nom propre puisque 71% d’entre eux disposent de leur propre enseigne ». Autre enseignement : un site e-commerce permet, toujours selon cette enquête, une augmentation de 14 % du chiffre d’affaires du magasin pour un marchand qui utilise les deux canaux simultanément, et « 43% des répondants estiment que leur site e-commerce est une nécessité pour que leur entreprise atteigne le seuil de rentabilité », ajoute l’enquête.