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Congrès Ufipa 2016 : «  Nous avons des défis à relever »

5 years, 5 months ago

Dans son discours inaugural, Nicolas Potier, le président de l’Ufipa (Union de la filière papetière) a tout d’abord tenu à rendre un hommage, non sans émotion dans la voix, au nom de toute les profession à Michel Burton, éditeur notamment de PNP, décédé fin avril, « un acteur impliqué dans la profession que nous n’oublierons pas… ».

Après ce moment d’émotions, le président a dressé un bilan de la filière avant d’annoncer les chantiers de demain. L’Ufipa regroupe aujourd’hui 62 entreprises. Par rapport à l’année dernière,  deux nouvelles sociétés ont adhéré, la centrale Codip’A (enseignes A’Plus et La Papéthèque) et le fabricant Proven Orapi, spécialisé dans les produits d’hygiène et de nettoyage. En revanche, six sociétés n’adhèrent plus : le groupement de grossistes PRS, le distributeur Quercy Rouergue Equipement, la centrale Seddif, et les marques Pelikan, Ecridor et Rainex.

A l’occasion de cette manifestation, le comité directeur a tété renouvelé. Chez les revendeurs, Jean-Yves Sebaoun (Adveo), Laurent Bertrand (Fiducial Bureautique) et Christian Bachmann (groupe OBE) se représentaient et ont été réélus. Perrine Castagnet (Codip’A), qui se présentait pour la première fois, siège désormais au comité directeur. Chez les fabricants, Nadège Helary (Bic), Jacques Lacroix (Maped) et Etienne Perhaut (Staedtler) ont obtenus un renouvellement de leur mandat  et Jocelyne Le Guidec (Safetool) fait son entrée dans le collège fournisseurs.

La filière papetière pèse 4,63 MdE de chiffre d’affaires. « Ce montant est important, remarque à juste titre Nicolas Potier. Nous devons donc l’aider à poursuivre son développement. Cela est d’autant plus nécessaire que le marché de la papeterie et de la fourniture de bureau est en baisse constante depuis 2008. Certes, nous avons subi la crise mais cela n’explique pas tout. Nous avons des défis à relever. »  Le premier d’entre eux est de trouver de nouveaux adhérents pour le président de l’Ufipa. Le deuxième est de bien informer les acteurs de la profession. Pour cela, un groupe de travail a été mis en place afin d’améliorer et de rendre encore plus efficace et pertinente l’étude de la filière et la lettre de conjoncture mensuelle réalisée par l’institut I+C. Les conclusions devraient être connues d’ici à décembre prochain. Le troisième chantier concerne cette fois le développement durable et le soutien renouvelé de l’Ufipa à l’association européenne Sofea (Sustainable Office European Association) basée à Bruxelles. Le contraire aurait été pour le moins surprenant, l’Union de la filière papetière ayant été à l’origine de la création de cette structure internationale. « Sofea nous permettra de réaliser à la fois un développement rentable et durable dans nos différents marchés », poursuit Nicolas Potier. L’association met en place un écosystème de notation des produits de papeterie commun à l’ensemble de l’Union Européenne. Le dernier défi est celui de créer des moments d’échanges et de réflexion à l’image de ce congrès parisien.

salle congrès 2016 ufipa« Le musée du  Louvre doit nous inspirer dans nos démarches futures. Ce lieu a su se moderniser avec la grande pyramide tout en conservant son histoire. Il doit en être de même pour la profession, indique le président de l’Ufipa, à savoir s’appuyer sur le passé pour mieux préparer l’avenir. Notre plus grand chantier est et sera de nous réinventer en se reposant sur nos métiers traditionnels. »

L’intervention de Didier Damerval, président de l’institut d’informations et de conjonctures professionnelles I+C, présentant les chiffres de la filière, a toujours été un moment toujours très attendue lors d’un congrès Ufipa. Cette année, il s’agissait de sa dernière prestation celui-ci ayant décidé de partir à la retraite. Il sera remplacé par Louis-Marie Pons. Entre 2013 et 2015, la consommation de papeterie familiale et scolaire a progressé de 2,5%. Dans le détail, les ventes de rentrée des classes ont augmenté de 4% durant ces trois années et de 2% dans les rayons permanents. « Ces progression ont plusieurs origines, remarque Didier Damerval. L’inflation a fortement reculé ce qui a engendré une hausse du pouvoir d’achat. De plus,  le versement des allocations scolaires par le gouvernement a été maintenu chaque année et le nombre d’élèves scolaires n’a pas faibli. »

Toujours entre 2013 et 2015, les achats de fourniture de bureau ont reculé de 4%. De fortes disparités existent selon la clientèle étudiée. Ainsi, les entreprises ont réduit leur achats de 4,5%, les administrations de 3,5%  mais les TPE de seulement 2%. « Le marché B to B est en crise non pas depuis 2008 mais depuis 2000, poursuit-il. En seize ans, les commandes ont baissé de 17% ! » Si les ventes de fournitures de bureau reculent année après année, il n’en va pas de même pour les familles de produits connexes. Toujours entre 2013 et 2015, les articles d’emballages ont enregistré une progression de 2% des ventes. Ceux liés à l’hygiène et à l’entretien, qui représentent les principales familles de produits des services généraux, ont connu une augmentation de 8%. Quant aux services d’impression de documents, la hausse a été de 13%. Les achats de mobilier de bureau ont également augmenté durant cette période, de 2%. En revanche, le matériel informatique et bureautique a enregistré un repli de 8% de ses commandes.

Globalement, trois circuits de distribution se sont distingués durant les trois dernières années. La GSA a enregistré une hausse de 1% de ses ventes et  les superstores de 8%. Les ventes ont même très fortement progressé, voire explosé, dans le commerce électronique pour I+C : 170% ! Inversement,  les détaillants,  les ventes directes, les fournituristes de bureau et la vente à distance spécialisée ont connu un recul des ventes respectivement  de 1,5%, 4%, 5%, et 8,5%. « La chute est 6,5% pour les fournituristes de bureau, tient à préciser Didier Damerval. Mais ce sont les grands distributeurs qui ont le plus soufferts durant cette période contrairement aux petites structures. Parallèlement, les fournituristes scolaires ont connu une hausse de 2% de leurs ventes. »   

ufipa 2016 damerval Dans le circuit des détaillants, I+C observe également plusieurs disparités selon le type de magasins. Ainsi, les superstores ont progressé de 7% et les magasins spécialisés dans les beaux-arts et les loisirs créatifs de 1,5%. En revanche, les papeteries ont reculé de 3% les papeterie-libraire-presse de 4%. Quant aux GMS, I+C a noté une progression des ventes de 2% dans les hypermarchés alors que les supermarchés et les magasins populaires ont affiché un superbe 0%. « J’observerai, pour conclure, que durant ces trois dernières années, la profession a connu une montée en gamme des produits scolaires, et la chute des achats de consommables informatiques a fortement pesé dans les mauvais résultats du marché professionnel. Les MDD continuent à perdre des parts de marché face aux marques des fournisseurs, notamment dans l’écriture et le dessin. Enfin, termine Didier Damerval, les concentrations se sont poursuivies se poursuivront aussi bien chez les distributeurs que chez les fournisseurs. »

Le congrès s’est poursuivi avec l’intervention de Jack Lang, actuellement président de l’Institut du monde arabe. Pendant plus d’une heure, il a expliqué à l’assemblée l’histoire de la création la pyramide du Louvre du temps où il était ministre de la culture sous François Mitterrand. « Notre détermination était totale pour construire cette pyramide et de la destruction est née un nouvel ensemble, Nous n’avions pas froid aux yeux il est vrai, avoue-t-il. Nous avons ainsi réinventé l’ancien pour créer le futur. » Propos qui ne sont pas sans rappeler ceux tenus par Nicolas Potier dans son discours d’ouverture. Avant une visite du Louvre et le dîner de gala, les congressistes ont pu écouter l’économie Maximilien Brabec, sur le thème : « De la nécessité de réinventer notre création de valeur pour nous développer demain. » « Etre président de l’Ufipa est une charge mais depuis que j’ai intégré cette profession j’ai trouvé une vraie famille d’accueil, conclut Nicolas Potier.  Je tiens à vous remercier mais aussi d’voir pu venir malgré le temps et les grèves ! »