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Association Reseco : Etablir un référentiel d’achat durable dans la commande publique

1 week, 5 days ago

 

La journée de restitution des enseignements du groupe de travail « Fournitures de bureaux & fournitures scolaire » s’est tenue fin janvier à Niort. Elle a pointé la nécessité d’une collaboration entre les collectivités et les professionnels. Objectif : établir une commande publique durable.   

Reseco

Le Service Achats de la ville de Niort était le pilote du groupe de travail « Fournitures de bureaux & fournitures scolaire » au sein du Reseco (réseau Grand Ouest pour une commande publique durable). « Ce groupe, qui a mobilisé une dizaine de collectivités adhérentes durant un an et demi, a travaillé en étroite collaboration avec nombre de fournisseurs et avec la fédération EBEN sur ces questions », rappelait Laurent Delplanque acheteur à la ville de Niort. Ayant travaillé dans une autre vie au sein de l’univers de la fourniture de bureau qu’il connaît parfaitement, le pilote du groupe de travail Reseco a naturellement mis à disposition ses contacts professionnels au profit des travaux engagés en complément de ceux de ses collègues des autres collectivités. La journée de restitution a été animée par Gwenael Le Roux, chargé de mission de la dynamique Achats publics durables au sein du Reseco et animateur des nombreuses réunions de travail du groupe. Cette famille d’achat, toujours à fort enjeu dans les collectivités, est en pleine évolution sur le plan durable et économique (produit vert, prise en compte des perturbateurs endocriniens, recyclage, cycle de vie, etc.) d’où l’importance d’un travail collaboratif permettant d’établir un référentiel d’achat durable pour l’ensemble des collectivités adhérentes de l’Ouest. « Lors de nos échanges avec EBEN, de nos rencontres fournisseurs au Mans ou sur les salons professionnels, je vous ai fait part de la satisfaction de notre réseau concernant ces échanges source de grande réflexion pour nos services achats respectifs. Le temps de la réflexion est terminé ; place à l’action ! », annonçait Gwenael Le Roux lors de l’ouverture de la journée de restitution des enseignements du groupe de travail fin janvier à Niort. Près de 80 personnes étaient présentes et beaucoup venaient des collectivités bien sûr mais on a également noté la présence d’élus, de professionnels de la fourniture et de représentants de la fédération.

(en photo) Jean-Christophe Berthevas (direction de l’éducation ville de Niort) et Stéphanie Gila (directrice d’école et enseignante)

Une première ! La matinée a été consacrée à la question de la définition des besoins et du sourcing sur la filière des fournitures de bureau et scolaires. La ville de Niort a présenté un outil très complet ainsi qu’un retour d’expérience sur la définition d’un bordereau de prix unitaire (BPU) commun pour toutes les écoles de la collectivité. Dans ce contexte, la fédération EBEN a détaillé la situation économique d’un secteur en pleine évolution. « Traditionnellement et culturellement, les collectivités travaillent encore trop souvent leurs cahiers des charges en quasi autarcie, parfois sans contact ou très peu avec les acteurs économiques de premier plan. Alors qu’il nous faut au contraire être au plus proche des pratiques métiers de nos fournisseurs afin de créer un référentiel qui tienne compte de la réalité terrain. C’est par ailleurs le sens donné par l’article R2211-1 et 2 du nouveau code de la commande publique en préliminaire des actions de définition du besoin », notait très justement Laurent Delplanque.

Le papier, l’essentiel des achats  

Le papier reste aujourd’hui l’essentiel de l’achat de fournitures de bureau. Les collectivités avaient donc examiné leur sourcing en la matière et elles ont ainsi pu présenter à l’auditoire une fiche produit le résumant. Cet outil d’aide au sourcing est organisé selon les trois domaines du développement durable : social, environnemental, économique. Il était appliqué au papier, mais conçu de façon à pouvoir se décliner sur bien d’autres familles d’achat. Un document Excel enrichi de liens internet renvoie sur des sites de fournisseurs régulièrement mis à jour, effectuant donc automatiquement la veille pour l’acheteur public. « Ce sourcing, c’est-à-dire une bonne connaissance des fournisseurs, de leurs offres et du contexte dans lequel ils évoluent, n’est pas encore naturel dans les collectivités. Il exige du temps et une méthode mais il représente la première marche, celle grâce à laquelle on va définir notre besoin dans les termes adéquats pour eux et pour nous. » Bien sûr, la fiche pointe des sites fournisseurs faisant le tour des caractéristiques techniques des papiers, les coûts, le rythme d’évolution technique du produit donc son obsolescence, les principaux points à surveiller, le contenu des certifications des labels, des outils permettant de mesurer l’économie de CO2, par exemple. « Tout cela vous permet d’aller plus loin que la parole donnée par un fournisseur et de sélectionner ceux qui sont concrètement engagés », souligne Reseco.

(en photo) Stéphane Albertini chargé de mission achats au sein de Le Mans Métropole. 

Précisons qu’un des problèmes des collectivités est d’avoir assez d’entreprises qui répondent à leurs marchés. « Pour cela, elles doivent mieux connaître la structure économique du secteur d’activité sollicité. D’où une exigence de travail collaboratif en amont qui est aujourd’hui bien avancé avec EBEN et les acteurs majeurs du secteur. » Après le sourcing, l’après-midi était consacrée au dossier de consultation, la sélection et l’exécution des marchés. Plusieurs retours d’expériences très intéressants (Le Mans, Niort, Genoble, Rezé) ont montré la diversité des situations et sont venu illustrer les multiples manières d’intégrer du développement durable dans ce type de marché. « En fonction des objectifs visés, du contexte et des spécificités de chaque entité, le choix sera différent de ‘’clauser’’ ou de ‘’critériser’’ pour favoriser le développement durable dans les marchés de fournitures », comme l’a fait observer Stéphane Albertini chargé de mission achats au sein de Le Mans Métropole. Au-delà du choix des produits, les aspects logistiques, par exemple, sont aussi importants à prendre en compte concernant les impacts environnementaux et il ne manque pas d’axes de progression à dessiner puisque chaque collectivité a son point de vue et ses critères : Rezé par exemple a mis en place un magasin central qui reçoit toutes les commandes et gère les stocks, tandis que Niort travaille avec un référent dans chacune des différentes directions et chacun passe sa commande. « Il était nécessaire de d’abord faire la synthèse des pratiques avant de voir ce que peuvent proposer les fournisseurs en termes d’optimisation. »  

Une approche qui mérite réflexion

Yves Salaün (ci-dessus), président de la commission papeterie chez EBEN, s’est par ailleurs demandé : « Dans notre secteur, est-il bien raisonnable de demander des livraisons en 24 h, voire même en 72 h ? » Une pierre dans le jardin d’Amazon et une approche qui mérite réflexion dans une perspective d’amélioration d’une démarche durable. La fin d’après-midi a permis de traiter la problématique des polluants volatils (COV, perturbateurs endocriniens) dans l’achat de fournitures scolaire. Le réseau 3AR, centre de ressources « Commande Publique Durable » de Nouvelle-Aquitaine a présenté l’outil « Cartable sain » ainsi qu’un guide synthétique sur les « Produits de nettoyage ». Des pistes d’actions pour réduire ces polluants existent bel et bien comme l’a également démontré le retour d’expérience de la ville de Grenoble sur l’introduction de clauses et exigences environnementales et sanitaires dans un marché de fournitures scolaires. Une fiche a ainsi été créée avec l’Ademe permettant de choisir des fournitures scolaires sans risque pour la santé. Le centre de ressources Reseco propose d’ailleurs différents guides et outils pratiques pour accompagner ses adhérents dans une démarche durable d’achats. Autre point incontournable et qui monte en puissance : la RSE. Mais cet aspect semble déjà bien balisé et la fédération EBEN s’est déclarée prête à proposer un service complet sur ce thème, sauf encore sur l’aspect récupération. « Suite à tout ce travail d’échange et de réflexion d’un an et demi, Reseco peut aujourd’hui mettre à la disposition de chaque adhérent un « livrable », sorte de boîte à outils avec fiches type, tableaux de bord, etc., pour guider et accompagner les achats. Un tronc commun concerne la définition d’un produit « vert » mais chaque collectivité en fonction de ses critères peut y trouver du sur-mesure. Des points d’amélioration et pistes d’optimisation sont également pointés. Côté fournisseurs, nous attendons maintenant d’eux qu’ils s’interfacent régulièrement avec nous afin d’améliorer nos pratiques et qu’ils nous mettent en alerte sur leurs innovations aussi bien en termes de produits que de services ou de marketing », précisait Gwenael Le Roux. Une collaboration active entre le Reseco et EBEN est fortement souhaitée par les deux parties.

Catherine Mandigon

 

Repères… Reseco en détails

 Afin de favoriser l’intégration du développement durable dans les achats publics, une centaine d’organisations du Grand Ouest se sont regroupées dès 2006 sous le nom de Reseco. Leur volonté est d’animer une dynamique facilitant l’intégration des dimensions environnementales, sociales et économiques dans la commande publique. Les collectivités participantes au groupe de travail sur les « Fournitures de bureaux & fournitures scolaire » sont : Conseil départemental de Loire-Atlantique (44), du Loir-et-Cher (41), des Côtes d’Armor (22), de Rennes-Métropole/ville de Rennes (35), Le Mans-Métropole (72), villes de Rezé (44), de Niort (79), et de Saint Georges d’Oléron (17).